2010-06-16
Gilbert Leduc, Le Soleil, 16 juin 2010
(Québec) Avec un contrat de 175 millions $ d’Hydro-Québec en poche pour la vente de 4,6 MW au cours des 25 prochaines années au prix de 0,12 $ le kWh, Innoventé se tourne vers les marchés publics pour financer son plan de croissance qui prévoit, entre autres, l’implantation de centrales de cogénération au Québec, au Canada et un peu partout dans le monde.
Spécialisée dans la production d’électricité à partir des biomasses, l’entreprise de Québec a annoncé, hier, qu’elle venait de recevoir l’aval des autorités réglementaires du Québec, de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta relativement à une émission d’actions ordinaires et de bons de souscription d’actions ordinaires pour un minimum de 6 millions $ et pour un maximum de 12 millions $.
Innoventé a également déposé une demande d’inscription conditionnelle auprès de la Bourse de croissance TSX. Son entrée à la Bourse pourrait se faire entre les mois de juillet et de septembre.
Avec sa technologie permettant de transformer des résidus organiques contenant beaucoup d’eau (fumier, eaux d’égouts, déchets résultant de la transformation des aliments et boues d’usine) en granules de bioénergie qui sont ensuite utilisées pour produire de l’électricité, Innoventé a su séduire deux importantes institutions bancaires québécoises – leurs identités ne peuvent être dévoilées pour le moment – qui ont signé des lettres d’intention confirmant qu’elles fourniront 75 % du financement recherché.
Les hauts et les bas du marché boursier n’inquiètent pas le président et chef de la direction d’Innoventé, Richard Painchaud. À son avis, le marché des énergies vertes a la cote auprès des fonds d’investissement. «Nous n’avons pas de crainte à pouvoir réaliser notre financement.»
Innoventé possède déjà une usine de fabrication de granules. Située à Saint-Patrice-de Beaurivage, elle possède une capacité de production annuelle de 25 000 tonnes et s’approvisionne auprès des entreprises agricoles et des municipalités avoisinantes.
La prochaine étape consiste à construire une centrale de cogénération. Il s’agit d’un projet estimé à 16 millions $. La compagnie prévoit débuter la construction au printemps de 2011 afin que la centrale puisse livrer son électricité verte à la fin de 2012. La centrale produira l’équivalent de la consommation d’une population variant entre 6000 et 8000 personnes. Richard Painchaud signale que le Québec pourrait voir pousser des «centaines» d’usines de fabrication et de centrales de cogénération au cours des prochaines années.
Pour l’immédiat, Innoventé planÂche sur trois projets qui pourraient voir le jour à l’occasion d’un nouvel appel d’offres lancé par Hydro-Québec pour obtenir de l’énergie produite au moyen des biomasses.
Innoventé lorgne également le marché de l’Ontario. En effet, cette province déroule le tapis rouge pour attirer les entreprises du secteur des énergies vertes. Elle consent même à garantir un tarif de vente d’électricité encore plus avantageux que celui d’Hydro-Québec.
Par ailleurs, Innoventé a annoncé, hier, la composition de son conseil d’administration qui sera présidé par Yves Filion, un ex-président d’Hydro-Québec Distribution et TransÉnergie.
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