2010-07-16
Daniel Allard, Journal Chefs d’entreprises, juillet 2010
Mi-juin, on confirmait la réception d’un visa pour son prospectus provisoire déposé auprès des autorités réglementaires du Québec, de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. L’émission d’actions ordinaires et de bons de souscription pour un maximum de 12 M$ devrait devenir réalité à la Bourse de croissance TSX d’ici l’automne 2010. Mais Innoventé est déjà un gros joueur du secteur de la biomasse !
En février, son président Richard Painchaud a signé un contrat avec Hydro-Québec pour la vente de 4,6 MW d’énergie produite à partir de fumier, de déchets alimentaires et d’eaux d’égouts au prix de près de 0,12 $ le kWh. On parle ici d’une somme de 175 millions $ sur 25 ans. Ce qui la freine c’est sa capacité de croître en tant qu’entreprise, ce qui explique que le prospectus vise immédiatement un maximum de 12 000 000 $.
« Le contrat avec Hydro-Québec nous oblige à trouver 17,5 M$ pour construire l’usine; ensuite il nous faut du capital pour suivre la croissance de l’entreprise car le potentiel est énorme, on peut construire de telles usines partout », explique-il de son siège social de la rue St-Pierre, à Québec.
Et pourquoi avec Mario Jacob de Maximus Capital ? « Il a la réputation d’être le meilleur et il va nous accompagner tout au long de ce processus d’entrée en Bourse », répond M. Painchaud sans hésitation, lui-même un diplômé de 1986 en microbiologie de l’Université Laval, qui en est déjà à sa 4e entreprise. En 2004, il a vendu une société en décontamination de cendres d’incinérateur, active à Québec, et créait dès 2005 – tout seul – Innoventé. Maintenant, un partenaire très minoritaire l’a joint et c’est à deux qu’ils avancent.
Innoventé détient les droits de commercialisation du procédé SHOCMD destiné à la fabrication de biomasses sèches à fort potentiel calorifique produites à partir de biomasses humides. Développé au Québec par les chercheurs de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), ce procédé innove en utilisant des microorganismes pour produire de la chaleur. Entre 2000 et 2009 plusieurs projets-pilotes auront permis d’étoffer cette technologie qui produit une biomasse sèche sous forme d’une granule qui sera commercialisée sous le nom de BioÉnergie Fabriquée à partir de matières Organiques Résiduelles. Le premier site, situé à St-Patrice-de-Beaurivage, dans Lotbinière, et acquis en 2008 dans le but d’y implanter le procédé, produira annuellement plus de 25 000 tonnes de BÉFOR qui servira à la production d’électricité à partir d’une centrale de cogénération de 4,6 MW.
« Le compostage ne fonctionne pas, les gens n’achètent pas le résultat, et l’enfouissement va être banni bientôt, en Europe notamment qui a des coûts 4-5 fois plus élevés qu’ici (…) Nous, notre solution elle fonctionne. » La stratégie d’expansion de Richard Painchaud : « D’abord le Québec et l’Ontario, ensuite les États-Unis, et dans un troisième temps l’Europe ».
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